Les conditions propices aux défauts aromatiques
À l’origine d’un vin dit « déviant », il y a rarement une seule cause. C’est plutôt un faisceau de facteurs, entre hasard, pratiques vigneronnes et aléas climatiques.
1. Le manque d’hygiène à la cave
L’hygiène n’est pas qu’une affaire de propreté méticuleuse ; elle touche à l’équilibre global du chai. Trop de matériel mal lavé, de cuves mal rincées, et l’on favorise l’implantation de certains micro-organismes parasites — Brettanomyces en tête — qui profiteront des faiblesses de la fermentation indigène.
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Brettanomyces, à partir de 0,5 mg/L de phénols volatils (source : Revue des oenologues n°174), apporte ses notes de cuir, d’écurie, parfois de médicaments, reléguant en arrière-plan toute l’expression du fruit.
2. Des raisins abîmés ou carencés
La vitalité du raisin, avant même son passage au chai, conditionne la santé de la fermentation. Un raisin mûr, sain (sans excès de botrytis ou de pourriture), et cueilli sans à-coup limitera la présence de levures indésirables. À l’inverse :
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Des raisins altérés apportent une charge microbienne élevée et hétérogène ;
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Un manque d’éléments nutritifs (azote en premier lieu) fragilise les levures souhaitables, ralentissant la fermentation, augmentant les risques de piqûre acétique (odeurs de vinaigre) ou de développement bactérien ;
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Le botrytis, s’il est présent, peut produire de la géosmine, responsable de notes de terre mouillée ou de moisi (référence : Institut Français de la Vigne et du Vin - IFV).
3. Des températures non maîtrisées
Les levures indigènes agissent dans une fenêtre de température assez restreinte. Entre 18 et 25°C, la fermentation est généralement régulière, mais une chute de température peut stopper net le travail, offrant une « fenêtre » aux espèces capables de produire des composés indésirables comme les acétates d’éthyle (odeurs de solvant, vernis à ongles).
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Au-delà de 28°C, beaucoup de levures indigènes commencent à faiblir, laissant place à des bactéries lactiques ou acétiques, facteurs de dérapages aromatiques.
4. Sulfitages faibles ou absents : risque et vertu
Le choix de peu ou pas sulfiter laisse la place à toute la flore du moût, le meilleur et le pire. Sans sulfite, la sélection naturelle s’opère, mais elle peut avantager des souches minoritaires au démarrage, générant des arômes de pommes blette, de coings surmûris, de lait caillé (arômes d’acidité volatile ou de bactéries lactiques).