Réduction et identité du vin naturel : où placer le curseur ?
On peut parler de tolérance, de culture du goût ou de limites subjectives. Dans le vivant, la frontière entre singulier et défectueux se redessine sans cesse. D’où l’importance de comprendre l’intention du vigneron, son terroir, ses choix d’élevage. Un Chenin sur craie en Anjou, un Gamay de granit en Auvergne, ne révèlent pas la même « réduction »… et encore moins les mêmes défauts.
Sensibilités culturelles et évolutions des attentes
En France, on accepte souvent plus qu’en Amérique du Nord, où la tolérance pour toute odeur « dérangeante » est moindre (source : Wine Anorak). Les commandes « nature » déboulent sur les meilleures tables, mais tous les consommateurs ne veulent pas (encore) goûter du « poney dans leur verre ».
Rappelons que la réduction peut aussi être transitoire : certains domaines mythiques (Overnoy en Jura, Ganevat, Prieuré-Roch en Bourgogne) produisent des vins régulièrement fermés à l’ouverture. Les cuvées deviennent vibrantes ou prodigieuses après une heure de patience. À l’inverse, un vin bouchonné ou trop volatile ne deviendra jamais sincère, même exposé au grand air.