Premiers pas sur la peau du raisin : naissance d’une population
On imagine souvent qu’un vin naturel tient du simple fruit, de la main du vigneron et du hasard du climat. Mais il existe un artisan invisible, au travail ténu : les levures indigènes. Elles reposent sur la peau du raisin, patientes, innombrables. À la vendange, ce peuple microscopique entre en scène. Or, d’un millésime à l’autre, leur présence comme leur rôle restent tout sauf figés.
Les levures indigènes – que l’on appelle aussi “levures natives”, “sauvages” ou naturelles – regroupent un ensemble d'espèces, principalement du genre Saccharomyces et Non-Saccharomyces, qui vivent à la fois sur le vignoble (peau du raisin, rafles, environnement du sol) et dans le chai (sur les cuves, les outils, les murs). Le chiffre varie, mais on dénombre jusqu’à une trentaine d’espèces différentes dans une même cuve au démarrage de la fermentation, et parfois plusieurs centaines de souches au sein d’une même espèce (source : INRAE, 2021).
Chaque vendange vient donc avec son cortège vivant : ni identique à l’année précédente, ni totalement étranger. Car, comme le vin, les levures indigènes n’ont rien d’une matière inerte.