Le rouge structuré, mythe ou réalité sans artifices ?
Le mot « structure » ne résonne pas tout à fait pareil selon qu’on le murmure dans un chai ancien ou dans les salles de dégustation anonymes. Pour les uns, c’est l’ossature d’un vin vivant : une charpente faite d’équilibres charnus, de tanins soyeux, de pulpe et de vibration. Pour d’autres, dans la logique d’une production aux volumes tendus par la demande, c’est presque un cahier des charges chimique — densité, couleur, bouche pleine, à produire à coup sûr, vite, chaque année.
Cela explique le recours croissant, au tournant des années 2000, aux copeaux de bois et aux concentrés de tannins exogènes, autorisés par la législation européenne depuis 2006 (Source : EFOW). Deux solutions techniques, quasi invisibles à la dégustation rapide, censées « booster » l’intensité, la structure, prolonger l’effet du vin en bouche… Mais où est la part du terroir, du geste, de la nature, dans ce vin standardisé, musclé à la gomme arabique ?
L’interrogation est là : peut-on toujours produire, en toute sincérité, un rouge structuré, profond, sans ajout de copeaux ou de tannins ? L’histoire et la nature montrent qu’il existe bien d’autres voies – plus lentes, plus intenses, infiniment plus vibrantes.