En Loire, quelles valeurs réelles retrouve-t-on ?
La Loire se distingue non seulement par la diversité de ses appellations, de ses climats, mais aussi par l’amplitude de ses pratiques : on trouve des vins à zéro sulfite ajouté chez des figures comme Richard Leroy (Montbenault, Anjou), Céline Oulié, Puzelat-Bonhomme ou la famille Mosse. Mais cela ne signifie pas nécessairement “zéro sulfite présent”.
Des analyses récentes sur un panel de 47 vins naturels ligériens (source : Revue du Vin de France 2022) donnent :
- 32 échantillons entre 6 et 18 mg/L de soufre total (rouges et blancs confondus)
- 11 échantillons dépassant les 20 mg/L, la plupart suite à un ajout en protection à la mise
- 4 échantillons sous les 6 mg/L, souvent sur les pétillants naturels (« pet’nat ») ou les vins de soif bus très jeunes
Sur des blancs secs (chenin majoritairement), les quantités sont rarement nulles (le chenin, plus fragile, “aime” le soufre en microdose) : entre 8 et 25 mg/L, la majorité étant inférieure à 18 mg/L. Sur le rouge, gamay, grolleau, cabernet : entre 5 et 18 mg/L, parfois un peloton autour de 12 mg/L.
A titre de comparaison, les vins “conventionnels” du même secteur présentent des taux courants de 60 à 120 mg/L en rouge, 100 à 180 mg/L en blanc. La logique du “moins c’est mieux” n’exclut toutefois pas la prudence, surtout dans des millésimes difficiles ou des élevages longs.