Que valent vraiment ces résultats pour la santé et le goût du vin ?
Risques sanitaires : mise au point
Les scientifiques convergent sur le constat suivant : la toxicité aiguë des résidus détectés dans les vins bios ou naturels est négligeable pour le consommateur (voir synthèse de l’EFSA, 2023). Le vin conventionnel, dès lors qu’il respecte les LMR, n’est pas toxique pour autant — mais la question est celle de la multicontamination chronique, peu étudiée à ce stade. Le rapport de 2018 de l’Inserm sur les pesticides met toutefois en cause l’exposition chronique, associée à des risques potentiels d’effets cocktail, même à faibles doses.
Le vin naturel, en général, limite cette exposition par son mode de conduite. Mais la présence de quelques traces n’est jamais totalement exclue.
Pleins feux sur le goût : le vin naturel est-il fragilisé ?
La quasi-absence d’intrants et de résidus, si elle ne compromet pas la sécurité du vin, modifie-t-elle le goût, la texture, la « transparence » du breuvage ? Aux côtés de l’absence d’influence de certaines substances sur le profil sensoriel, la question de l’expression du terroir est régulièrement avancée. Plus de 68 % des amateurs sondés lors du salon La Dive Bouteille (2023) déclarent chercher dans le vin naturel une meilleure « lisibilité du terroir », en raison de l’absence de molécules étrangères (source : salons professionnels, presse spécialisée).
À la dégustation, les experts notent que rares sont les résidus de pesticides « classiques » qui trahissent leur présence, mais certains (notamment les Dithiocarbamates, ou le Folpet) ont pu être associés à des défauts (goûts de carton mouillé, sensations chimiques). Ce ne sont pas eux, pourtant, que l’on retrouve en priorité dans les vins naturels.