De la nuance à l’inattendu : cas concrets en cave
Il n’est pas rare, chez de nombreux vigneron·nes travaillant sans inoculation, de retrouver dans leurs chais ce parfum singulier de pomme verte ou de cidre frais, apporté au départ par Hanseniaspora, puis estompé au fil de la fermentation, pour céder la place à la pêche, à la poire, à l’abricot confit. Dans les années “justes”, les arômes exotiques pointent : ananas, litchi, voire quelques effluves de camphre si le millésime le permet.
Autre exemple : sur les rouges peu extraits, la fermentation indigène donne souvent des touches de griotte fraîche, de violette, de prune sauvage et de musc léger. Chez les blancs légers, on observe volontiers une charge accrue en variétés florales (aubépine, rose fanée), absentes des cuvées issues de levurage systématique.
À Saint-Joseph comme en Savoie, ou chez quelques vignerons d’Alsace nature, la diversité aromatique s’intensifie jusqu’à refléter parfois la flore locale du vignoble : sous-bois, épices douces, résine, herbes sèches.