L'obsession de la propreté : d’où nous vient-elle ?
Dans les caves humides des vignerons ou dans les cuisines étincelantes, une même injonction revient depuis des décennies : il faut désinfecter, à tout prix. Après les grandes peurs sanitaires du XXe siècle – de la tuberculose à la pandémie de Covid-19 –, nos sociétés ont développé ce réflexe quasi pavlovien de l’antiseptique. Désinfecter rassure. On croit ainsi tout contrôler : la maladie, le danger, la tache invisible.
Pourtant, derrière ce geste hérité, trop souvent automatique, un autre visage de la « propreté » se dessine. Un visage qui touche non seulement nos mains, nos surfaces, mais aussi les sols, l’air, le vin ou l’eau que nous buvons. Décryptage d’un paradoxe moderne : dans le combat contre les microbes, ne sommes-nous pas en train d’assécher, voire d’empoisonner, ce qui nous relie au vivant ?