Petites et puissantes : qui sont les levures du Jura ?
Oublions un instant les souches industrielles sur-cataloguées : ici, les levures sauvages habitent le chai, la vigne, flottent dans l’air, dorment dans les bois des tonneaux. Une poignée d’études, notamment menées par l’INRAE de Dijon et l’Université Bordeaux Montaigne, a montré que le Jura abrite une diversité remarquable de levures au moment des vendanges. Selon leur terroir, leur climat, leur altitude, la composition en levures dites Saccharomyces, Candida, Hanseniaspora ou Pichia diffère sensiblement (source : Food Research International, 2016).
- Saccharomyces cerevisiae : grande classique, elle conduit la fermentation alcoolique mais n'est jamais seule.
- Hanseniaspora uvarum : souvent très présente sur les raisins à maturité, elle joue un rôle dans le tout début de fermentation et influe sur la production de composés aromatiques volatils.
- Pichia membranifaciens : plus rare ailleurs, elle abonde dans les chais du Jura et participe à la formation du « voile » lors de l'élevage oxydatif.
- Candida spp. : moins étudiées mais fréquemment retrouvées à la surface des vins durant l’élevage sous voile.
Leur proportion, leurs interactions, la température de la cave, l'humidité, l'ancienneté du fût : tout cela compose, chaque année, un écosystème invisible et fragile, dont le moindre déséquilibre peut précipiter vers la finesse ou la déviance aromatique.