Levures sous voile : une spécificité jurassienne
Il est une image qui frappe le visiteur des caves jurassiennes : ces fûts où le vin, volontairement oublié sous une fine pellicule (le “voile”), se métamorphose des années durant. Ici, ce n’est plus la vitesse, mais la patience qui règle le tempo.
Ce voile, unique en France, est tissé par des levures oxydatives, dont Torulaspora delbrueckii et certaines Pichia membranifaciens. Elles consomment peu de sucres mais métabolisent l’oxygène, forgeant des notes de noix, de curry, de pomme verte et d’épices.
Selon une observation par le laboratoire œnologique du Jura (2019), un litre de vin jaune élevé six ans sous voile comptait jusqu’à 10 millions de cellules de levure par millilitre à l’apogée du vieillissement. Cette population décroît lentement, laissant place à l’équilibre recherché.