L’invisible présence : comprendre le rôle des levures en vinification
Le vin naît du travail silencieux de micro-organismes. Au cœur de cette troupe invisible, les levures occupent le premier plan : elles transforment les sucres du raisin en alcool, révélant la matière à boire à partir du fruit. Traditionnellement, on laisse s’exprimer les levures indigènes : celles, multiples, qui habitent la peau des raisins, le matériel du chai, l’air même du lieu. Mais depuis les années 1970, s’est développée la pratique de l’ajout de levures sélectionnées (ou exogènes), cultivées industriellement, souvent issues de souches clonées, choisies pour leurs performances (Source : Institut Français de la Vigne et du Vin).
En France, environ 80 à 90 % des vins conventionnels seraient aujourd’hui fermentés avec des levures sélectionnées (Source : FranceAgriMer). Dans certaines caves, ce choix est assumé ; ailleurs, il est invisible, discret, souvent minoré sur l’étiquette. Comment dès lors reconnaître, dans le verre, l’empreinte de ces levures venues d’ailleurs ?