Les « intrants », de quoi parle-t-on ?
Avant d’entrer dans le vif du sujet, il convient de définir ce terme encore peu familier aux novices. Dans les métiers agricoles, un intrant désigne tout produit, matière ou substance introduit dans un processus naturel pour le modifier, le corriger ou le diriger. Cela inclut les engrais, pesticides, levures cultivées et autres adjuvants utilisés en cave. En viticulture, les intrants se retrouvent aussi bien dans la vigne que dans les cuves lors de la vinification.
La vigne : des intrants pour « maîtriser » la nature
Sur les terrains viticoles conventionnels, les techniques chimiques ont longtemps régné en maîtresses. Herbicides pour « désherber » les sols, engrais pour pousser la vigne à produire, insecticides pour éloigner les ravageurs… Ces intrants chimiques permettent un contrôle aisé, parfois au détriment de la biodiversité et de la vie microbienne des sols. En agriculture biologique et biodynamique, ces produits de synthèse sont interdits, mais certains intrants naturels (composts, préparations végétales comme la décoction de prêle) sont autorisés pour soutenir les rendements et la santé des ceps.
En cave : ce qu’apportent les intrants vinicoles
Une fois les raisins vendangés, les décisions sur les intrants se jouent à l’intérieur même des chais. Additifs, levures spécifiques, enzymes, sulfites, gommes arabiques, ou encore sucre : ces substances sont introduites pour « corriger » ou guider le vin. Une levure industrielle peut orienter le profil aromatique d’un vin — tour à tour sur des notes tropicales, florales ou épicées. Les sulfites (sous forme de dioxyde de soufre, SO2), quant à eux, stabilisent les vins et empêchent leur oxydation ou contamination par des bactéries indésirables. Selon une étude de 2015 de l’agence Anivin de France, on estime qu’en moyenne, une trentaine d’intrants peuvent être utilisés dans la vinification conventionnelle.