HVE, bio, nature : où sont les frontières réelles ?
Déchiffrer les logos sur les bouteilles devient un numéro d’équilibriste. D’un côté, le label AB (Agriculture Biologique) impose l’interdiction totale des molécules de synthèse et limite fortement les intrants œnologiques, même si des traitements restent possibles. La biodynamie (Demeter, Biodyvin) va plus loin, en intégrant le calendrier lunaire et des pratiques holistiques.
HVE, quant à elle, n’interdit aucune molécule, elle en limite l’usage et valorise la présence de la “nature” dans l’exploitation au sens large. Ainsi, un producteur peut afficher HVE tout en continuant à utiliser, avec parcimonie, des désherbants chimiques ou des insecticides de synthèse, là où le vin naturel, par nature, les proscrirait absolument.
Exemple concret : Un domaine peut se revendiquer HVE grâce au maintien de haies et à la rotation des cultures, mais continuer à désherber les vignes chimiquement si le reste de l’exploitation compense en biodiversité. Cela ne serait jamais accepté en agriculture biologique ni en association de vignerons nature (AVN, Vins S.A.I.N.S., etc.).
Que Choisir a démontré en 2019 que certains domaines très conventionnels affichaient le logo HVE, brouillant ainsi la frontière entre engagement réel et écoblanchiment.