Le vin, plus grand que l’étiquette
En franchissant la porte d’un chai ou en foulant la parcelle d’un vigneron qui cultive la nature sous ses pieds, une question revient, tenace : pourquoi, alors qu’ils travaillent en bio, en biodynamie ou selon les principes du vin nature, certains refusent-ils de faire apparaître un label sur leurs bouteilles ? Le paradoxe intrigue d’autant plus qu’en France, près de 18% du vignoble est certifié bio (source : Agence Bio, 2023), et que la mention est devenue, pour beaucoup, un signe de confiance à l’achat.
Mais dans cette nouvelle génération de vignerons, ou parmi ceux qui creusent leur sillon depuis longtemps dans le respect du vivant, le choix de la non-labellisation est aussi un manifeste. Derrière ce refus, il n’y a ni défiance gratuite ni posture élitiste, mais une construction d’exigence personnelle, de libertés défendues ou de doutes nourris sur l’industrialisation du “bio”.