Un cadre parfois perçu comme une entrave
Pour comprendre pourquoi certains vignerons rejettent les certifications, il faut d’abord saisir ce que celles-ci impliquent. Par définition, une certification, quelle qu'elle soit, suppose de suivre un cahier des charges précis. En agriculture biologique, cela signifie par exemple l’interdiction des produits de synthèse, l’absence d’OGM ou encore des contrôles réguliers effectués par des organismes agréés. Mais, si ces démarches visent à garantir au consommateur un certain niveau de responsabilité et de traçabilité, elles ne sont pas exemptes de contraintes.
Certains vignerons expriment une crainte : celle de voir leur métier enfermé dans une série de normes jugées trop rigides, parfois mal adaptées à la réalité de leurs terroirs. « La biodynamie, je la respecte, mais je ne veux pas être coincé par des règles qui ne tiennent pas compte de ma façon intuitive de travailler », me confiait un vigneron de la Loire lors d’une dégustation. Cette envie de liberté, revendiquée haut et fort, découle souvent d’une méfiance envers une uniformisation des pratiques qui pourrait gommer la singularité de chaque domaine.